La meute de Bretagne

Votre chien devient ingérable dès qu’il en croise un autre ? Voici ce qui se passe vraiment

La promenade se passe bien, votre chien renifle tranquillement et la laisse est détendue. Puis un autre chien apparaît. Là, vous sentez immédiatement que quelque chose change. Votre chien le fixe. Son corps se tend. Il avance plus vite et commence à tirer. Vous essayez de récupérer son attention, mais plus l’autre chien approche, moins vous existez. Puis arrivent les aboiements, les bonds au bout de la laisse ou les grognements. À ce stade, on entend souvent : « Il n’écoute plus rien dès qu’il voit un chien ». C’est vrai, mais pas forcément parce qu’il refuse de vous écouter. Son émotion a simplement pris toute la place. Selon le chien, il peut s’agir de peur, de frustration ou d’une forte excitation. Un chien très sociable peut devenir infernal parce qu’il veut absolument rejoindre son congénère. Un chien inquiet peut adopter presque les mêmes comportements pour obtenir l’inverse : faire partir celui qui arrive. C’est justement pour cette raison qu’il ne suffit pas de travailler les aboiements. Il faut comprendre ce qui les provoque.

Chien réactif face à un autre chien en promenade

Le vrai problème commence souvent bien avant les aboiements

Quand votre chien aboie déjà au bout de sa laisse, vous voyez la partie la plus impressionnante du problème. Pourtant, il s’est passé plusieurs choses avant. Il a probablement repéré le chien, commencé à le fixer puis cessé progressivement de s’intéresser au reste de son environnement. C’est là que le travail devient intéressant. Imaginons qu’à trente mètres, votre chien aperçoive un congénère mais puisse encore tourner la tête lorsque vous l’appelez. À quinze mètres, il ne vous regarde plus. À cinq mètres, il explose. La distance à laquelle il est encore capable de réfléchir est votre véritable point de départ. Lui demander de rester au pied lorsque l’autre chien passe juste à côté n’a pas beaucoup de sens s’il est déjà incapable de vous entendre dix mètres plus tôt. On cherche donc d’abord à intervenir lorsqu’il est encore disponible. Il voit le chien, mais peut aussi regarder ailleurs, renifler ou repartir avec vous. Avec le temps, il apprend que la présence d’un congénère ne nécessite pas systématiquement une réaction.

La laisse peut aussi changer complètement la façon dont votre chien réagit

Un chien n’a pas les mêmes possibilités lorsqu’il est attaché. Sans laisse, il pourrait ralentir, contourner largement l’autre chien ou simplement s’éloigner. Sur un trottoir avec une laisse d’un mètre cinquante, ses choix sont beaucoup plus limités. Ajoutez à cela une laisse qui se tend dès qu’un chien apparaît et la situation peut rapidement devenir inconfortable. Votre compagnon avance, vous retenez la laisse, il tire davantage et vous raccourcissez encore. La tension monte des deux côtés sans que personne ne le fasse volontairement. Cela ne veut pas dire qu’il faut lâcher la laisse ou laisser les chiens se rencontrer. L’idée est plutôt de comprendre pourquoi l’espace est si important. Traverser la route, faire un petit détour ou utiliser une entrée de chemin permet parfois d’éviter une situation que votre chien n’est pas encore capable de gérer. Ce n’est pas « fuir le problème ». Vous évitez simplement qu’il répète une nouvelle fois le même scénario. Cette question est particulièrement intéressante lors des promenades autour de Belz, Étel, Erdeven ou Plouhinec, où la largeur du chemin, la fréquentation et la possibilité de prendre de la distance peuvent complètement changer un croisement.

Multiplier les rencontres ne suffit pas à aider votre chien

Quand un chien réagit face à ses congénères, on peut être tenté de multiplier les rencontres pour qu’il « s’habitue ». Pourtant, voir davantage de chiens ne signifie pas forcément apprendre à mieux les gérer. Prenons un chien qui aboie chaque fois qu’un congénère passe trop près. Le chien arrive, il monte en pression, aboie très fort puis l’autre finit par s’éloigner. Si cette scène se répète régulièrement, le comportement peut devenir de plus en plus automatique. Pour un chien inquiet, l’association peut même être très simple : « j’aboie et l’autre s’en va ». Pour un chien frustré, chaque rencontre peut au contraire augmenter son envie d’aller au contact. Voilà pourquoi la socialisation ne consiste pas à dire bonjour à tous les chiens. Savoir en regarder un puis continuer sa promenade est également une compétence sociale. Votre chien n’a pas besoin d’aimer chaque congénère qu’il croise. Il a surtout besoin d’apprendre qu’il peut passer à proximité sans devoir systématiquement interagir, tirer ou aboyer. Une rencontre choisie avec un chien adapté sera souvent bien plus intéressante que dix contacts imposés au hasard d’une balade.

Chien qui aboie sur un autre chien en laisse

L’objectif n’est pas d’avoir un chien qui ignore tout, mais un chien qui sait redescendre

Le travail ne consiste donc pas simplement à obtenir un « assis » lorsque vous apercevez un chien. On cherche quelque chose de beaucoup plus utile au quotidien : un chien capable de voir un congénère sans perdre complètement ses moyens. Il pourra le regarder, prendre l’information puis revenir vers vous ou poursuivre sa promenade. Pour y arriver, il faut tenir compte de sa distance de confort, de son émotion et de ce qu’il est réellement capable de faire à ce moment-là. La progression peut sembler minime au départ. Votre chien regardait auparavant un congénère pendant trente secondes sans réussir à décrocher et il parvient maintenant à détourner le regard après quelques secondes ? C’est déjà une évolution importante. Chez La Meute de Bretagne, l’accompagnement autour de Riantec, Belz, Étel, Erdeven et Plouhinec permet justement de travailler à partir du comportement réel du chien, plutôt que d’appliquer la même solution à tout le monde. Parce qu’entre un chien qui veut absolument rejoindre les autres et un chien qui aimerait qu’ils restent à cinquante mètres, le comportement visible peut se ressembler, mais le travail à mettre en place n’est pas le même.